Chiapas, Mexique

Laguna Miramar, au fin fond de la jungle du Chiapas

1 avril 2016

Alors je vous le dis tout de suite, non aventurier s’abstenir! Si vous souhaitez un lieu touristique, facile d’accès, Laguna Miramar n’est pas pour vous ! En revanche, si vous êtes amoureux des rencontres locales, des paysages vierges, de la jungle, nature, calme, sport et un peu de galère, alors je vous recommande 100% cet endroit. 

Comme la plupart des personnes qui visite le Chiapas, vous serez tenté de louer une voiture pour vous rendre à cet endroit, qui on peut le dire est au fin fond du monde. Car oui, je ne vais pas vous mentir, il est très difficile d’accéder à Laguna Miramar. Cela peut se traduire de plusieurs manières : des combis plus ou moins récents, avec ou sans clim (plus souvent sans clim d’ailleurs), ou encore de veilles camionnettes à bétails où tout le monde monte derrière, s’agrippe aux barrières en fer, monte sur le toit. Bref, ce genre de transport, est très courant dans le Chiapas, et pas cher du tout. On peut voyager de manière très économique grâce à ces colectivos. Ils passent de manière régulière, dans toutes les villes du coin, même les villages les plus reculés, dont on ne soupçonne même pas l’existence…

Colectivo pour aller à Miramar

Fameux colectivos utilisés dans le Chiapas

Vous pouvez donc vous planifier un voyage sans crainte au Chiapas, en vous déplaçant en colectivo. Les terminaux sont très bien situés pour la plupart. Si vous souhaitez tenter l’expérience des combis/colectivos pour aller à Laguna Miramar, vous trouverez plus d’infos pratiques, à la fin de cet article.

Anecdote : L’Armée zapatiste de libération nationale est un groupe révolutionnaire politico-militaire insurgé basé au Chiapas, État dont les habitants sont parmi les plus pauvres du Mexique. Les zapatistes représentent non seulement les droits des populations indigènes, mais aussi de toutes les minorités.

Notre périple commence donc à Comitán, petite ville non loin de San Cristobal de las casas. Les deux « villes » qui permettent l’accès à Laguna Miramar, sont Ocosingo et Comitán. Nous prenons dons un premier combi à 6h du matin, qui nous amène à Margharita, une ville à 25 minutes de là. Le combi nous laisse au coin d’une rue à 6h20, l’endroit est déjà très animé, les gens sont dans la rue, mangent déjà des tacos, partent travailler. Au Chiapas, la population se lève très tôt, car l’après-midi, la chaleur est tellement étouffante, qu’il est impossible de faire quoi que ce soit. 

C’est un plaisir d’attendre ces 40 minutes au coin de la rue, nous observons les gens vivre. Nous sommes les deux seules blanches, alors nous essuyons les regards de certains curieux. A 7h hop, on monte dans le combi, et c’est parti pour 6 heures de trajet ! Je ne pense pas avoir vécu d’expériences telles que celle-ci dans ma vie. C’est incroyable, authentique, nous traversons des endroits impressionnants, la jungle, des villages d’un autre temps, des villages zapatistes. Les gens dans le colectivo nous interpellent pour nous demander d’où l’on est, pourquoi nous ne sommes pas avec les novios. Les gens sont adorables, en soit, nous étions vulnérables, deux nanas, dans un colectivo dans la jungle, avec notre vie sur nous… Pas une seconde nous nous sommes senties en danger.

Ce qui est curieux, c’est qu’au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans les villages et que l’on s’éloigne des villes, les gens deviennent un peu plus froids, de moins en moins bavards.

Ne pas prendre les Indigènes en photo, ils n’aiment pas ça, et dans leur culture, cela veut dire qu’on leur vole leur âme

Alors bien sûr, il fallait que j’aie la tourista le jour où on se tape 6h de route dans des endroits complètement paumés ! C’était un régal, comme vous imaginez… Nous nous sommes arrêtés dans un village, où l’on nous a prêté des toilettes au fond du jardin. Fin … des toilettes … un cabane en bois, avec des toilettes sèches quoi. Mais on a que ça sous la main.

toilette nature

La cabane au fond du jardin c’est un peu ça…

On arrive enfin à Emiliano Zapata, le village juste après San Quintín, sous une chaleur écrasante. C’est l’enfer il doit faire 45 degrés facile, personne à l’horizon. Je cours au toilette, inutile de vous expliquer pourquoi ! Et nous réservons nos hamacs pour la nuit. Et oui, cette nuit on va dormir dans la jungle, au bord du lac avec les singes hurleurs 🙂

Avant de partir pour la Laguna Miramar, nous mangeons chez une femme qui vit à côté des cabañas, une fonda improvisée. Nous nous installons dehors, sur une petite table en bois, au milieu des poules, des dindons, pour déguster nos œufs et frijoles. L’endroit est authentique pour le coup, et la femme très gentille. Je suis encore malade pendant le repas, mais bon j’espère que ça va vite passer, car après on a 1h30 de marche qui nous attend avec notre sac de 12kg sur le dos, sous un cagnard (chaleur) à faire crever un chameau.

restaurant Emiliano Zapata

Notre restaurant pour le midi à Emiliano Zapata

Alors autant en France ou partout ailleurs, quand on annonce 1h30 pour une marche, si on a un bon rythme on espère le faire en 40 minutes. Mais ici, quand il disent 1h30, c’est 1h30 avec un bon rythme. Il y a 5 km pour arriver au lac, des montées des descentes, et avec la chaleur ça aide pas. Donc nous mettons bien 1h30 à arriver. Le chemin malgré la chaleur est magnifique, et surtout très varié. Nous traversons des champs de maïs, des palmiers, de vaches, chevaux, la jungle pour finir et déboucher sur ce lac somptueux, y’a pas d’autre mot.

Laguna miramar

Rio Emiliano Zapata sur la route de Laguna Miramar

 

Laguna Miramar randonnée

Les mûles ici, pour aller au lac

Nous arrivons enfin au lac après une journée de folie, il faut le dire, on est levé depuis 4h30 du mat, on s’est tapé presque 7h de transport, 1h30 de marche en plein cagnard, je dois avouer qu’on est très heureuse d’enfin voir ce  fameux lac !! On enfile notre maillot, hop hop on saute à l’eau, nous sommes seules au monde, dans ce cadre idyllique. Il y a des crocodiles dans le lac, mais il parait qu’ils sont gentils. Quoi qu’il en soit, je suis pas non plus mega rassurée de me baigner dans cette eau sombre… Aussi gentils soient-ils… Quelques kayaks sont sur la plage, avec des restes de feux de campement. Nous ne regrettons pas d’avoir fait tant de chemin. 

Laguna miramar

Seules sur la plage de Laguna Miramar…

Bon la nuit va bientôt tomber, il est 18h, donc on s’active à aller chercher du bois dans la forêt pour faire un feu. Nous en avons besoin pour s’éclairer, et surtout faire à manger. Notre feu est une réussite, on peut même y faire cuire des pâtes, on est vraiment royales. On n’a qu’une casserole, une cuillère pour deux, et une barquette en polystyrène pour manger… Mais bon on va pas faire les princesses, on est là pour l’aventure (et on est servie).

Hamac Laguna miramar

Notre spot pour dormir

C’est là une nuit loooooooooongue qui commence, on s’installe à 8h dans les hamacs, car pas d’électricité ni de lumière ici. Les rugissements des singes commencent à raisonner dans la nuit… On dort par coup de 2h, car il faut dire, que ce n’est pas confort  la nuit un hamac, ajoutez ça à des bruits de pas sur les feuilles, des cris de singes, des bruits bizarre « psiiiit »(on saura le lendemain qu’il s’agit d’un oiseau...) Autant vous dire qu’il nous tarde que le soleil se lève….

De temps à autre, l’une réveille sa copine endormie pour se rassurer : « Aleeeex, tu dors ?? C’était quoi ce bruit ? « 

Le soleil se pointe (enfin) vers 5h, ni une ni deux, on saute du hamac, la journée commence par un lever de soleil à couper le souffle sur le lac. On se croirait dans un endroit féerique, la vue est juste splendide. Nous avons à ce moment notre cadeau pour la nuit que l’on vient de passer, un lever de soleil dans un endroit incroyable, seules, juste le lac et nous. Des couleurs exquises du ciel qui se reflètent parfaitement sur l’eau du lac si paisible. Pour les moins téméraires, il est possible de louer une tente, ou encore dormir au village dans des cabañas, rassurez-vous 🙂

Lever du soleil sur laguna miramar

Lever du soleil sur laguna Miramar

Bon le moment fût de trop courte durée… à 6h18 nous devons reprendre notre attirail et reprendre la route (fin, la marche d’abord). C’est reparti pour 1h30 de marche avec un sac sur le dos de bon matin, sans rien dans l’estomac ! Le chemin est beaucoup plus agréable qu’à l’aller ceci-dit, il fait « frais »au moins. On arrive à Emiliano Zapata, nous devons prendre le combi de 8h, on est un peu à la bourre. Arrivées en haut, personne ne sait où on peut prendre le combi, tout le monde nous répond n’importe quoi… Il faut marcher 1/4 d’heure de plus jusqu’à San Quintin, le colectivo ne passe pas par Emiliano Zapata en partant. 

chemin laguna miramar

C’est une camionnette rouge qui nous attend, où l’on doit monter sur le toit, sur les barrières en fer à l’air libre. Je n’ai jamais fait quelque chose de semblable dans ma vie, c’est incroyable. 6 h de trajet nous attendent, mais ça passe à une vitesse incroyable, en fait c’est comme si on était en excursion tout le voyage, admirant le paysages. Bon des fois, on se disait qu’il valait mieux pas avoir d’accident, car niveau sécurité, c’est pas trop ça… Mais c’est l’aventure, la vraie ! On est heureuse au milieu des mexicains, on rencontre d’ailleurs une française qui voyage seule depuis 7 mois, Clara qui nous suivra jusqu’à Palenque.

Conclusion : expérience inoubliable, une des plus folles que j’ai vécue … pour l’instant !

Retrouvez toutes les photos ici 

Aller à Laguna Miramar : Infos pratiques :

Aller vers Laguna Miramar

Colectivos : Comitán – Margharita
Adresse terminal de Comitan : 6a calle oriente sur
Départ : 6h
Prix : 16 pesos pour aller à Margharita
Durée : 25 minutes

Colectivos : Margharita – San Quitin / (Emiliano Zapata)
Départ : 7h pas de changement de terminal (il dépose dans une petite calle du village)
Prix : 85 pesos
Durée : 6 heures (4h de route + 2h de chemin hasardeux)
Dépôt à San Quintín, ou Emiliano Zapata le village où sont les cabañas et le départ de la rando vers le lac

Retour : De Laguna Miramar vers Ocosingo

Colectivos : San Quintín  – Ocosingo

Attention, pas de départ depuis Emiliano Zapata direct. S’il vous y dépose à l’aller, il ne viendra pas vous chercher pour le retour. Vous devez vous rendre à San Quintín à pied (15 minutes). Ne pas se fier aux réponses sur place, certains vous diront que le combi passe, mais en réalité il ne passe pas.
Départ : 8h/10h/14h
Prix : 80 pesos
Durée : 6 heures

Colectivos : Ocosingo  – Palenque

Des combis existent aussi pour aller en combi à Palenque, moins cher que le bus classique de 20h30 qui est plus cher avec ADO.
Il partent tous les quart d’heures quand ils sont pleins.
En arrivant depuis San Quintín, prendre le taxi en demandant l’arrêt pour aller à Palenque (très connu). Vous ne pouvez pas les manquer, ils crient la destination, viennent vous chercher à la sortie des taxis…
Prix taxi : 35 pesos
Durée : 2h30
Prix combi : 60 pesos

 

Où camper : contact projet écotourisme

Francisco Lopez Lopez
Tel : 01 66 42 31 59 91 (le num dans les guides ou sur internet n’est pas le bon)

–>Rien pour cuisiner, ni pour faire les courses sur place ! Acheter avant et prévoir ustensiles pour cuisiner le minimum.

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1 Comment

  • Reply TheGreenPick 22 août 2016 at 21 h 46 min

    Un très bon article!
    La Lagune est un de nos souvenirs les plus mémorables du Mexique, nous somme contents de voir que ça reste un endroit unique et qui a su préserver son charme, en passant sous le radar de tourisme de masse. Le transport y est effectivement pour beaucoup =))

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